Quand un avocat me demande le prix d’un site internet, il pose presque toujours la mauvaise question.
La bonne n’est pas « combien ça coûte », mais « combien ça rapporte ». Parce que sur les cabinets que j’accompagne, un site correctement conçu ne se compte pas en dépense : il se compte en dossiers signés. Chez Verbateam Avocats, cabinet en droit immobilier implanté dans sept villes, la refonte du site a doublé les résultats — le cabinet reçoit aujourd’hui plus de 1 200 demandes de contact par mois. Chez Ergo Avocats, le site a produit en huit mois l’équivalent de deux années de chiffre d’affaires du cabinet, pour un retour sur investissement de 400 %.
Gardez ces ordres de grandeur en tête, parce que je vais vous donner des prix, et qu’un prix seul ne veut rien dire.
Ce guide vous donne les fourchettes réelles pratiquées en 2026 pour la création d’un site internet d’avocat, ce qui les fait varier, les coûts que personne ne mentionne dans les devis, et surtout la méthode pour calculer ce que le site de votre cabinet peut vous rapporter. Il aborde aussi les règles de déontologie propres à la communication digitale des avocats, qui écartent d’emblée certaines solutions du marché.
Une précision avant d’entrer dans le détail : je ne compare pas ici des sites internet entre eux, mais des niveaux d’ambition. Deux cabinets peuvent payer le même prix pour deux projets web qui n’ont rien à voir en termes de retour.
Pourquoi un site d’avocat n’est pas une vitrine
Commençons par là, parce que c’est ce qui détermine tout le reste du budget.
La plupart des avocats commandent un site vitrine : une page d’accueil, une page « Le cabinet », une liste de domaines d’intervention, une page contact. C’est une plaquette mise en ligne. Ça rassure quand on donne son nom, ça ne génère rien.
Or les chiffres du Conseil National des Barreaux montrent que la recherche en ligne n’est plus un canal secondaire. Selon le baromètre « Accès au droit » 2025 réalisé par Odoxa auprès de 3 408 Français, 59 % des justiciables cherchent des informations sur internet avant de consulter un avocat, dont 25 % via une intelligence artificielle. Le bouche-à-oreille reste le premier canal d’entrée à 34 %, mais la recherche internet et les sites juridiques spécialisés cumulent déjà 29 %.
Surtout, ces canaux se recoupent. Votre confrère donne votre nom, la personne tape ce nom sur Google, et elle décide en trois secondes si elle vous appelle. Un site vitrine vous fait perdre des clients qu’on vous avait déjà adressés.
Un site conçu pour la conversion fait l’inverse : il capte des visiteurs sur des recherches précises, il les rassure, et il déclenche l’appel. C’est la même dépense de départ ou presque. Ce n’est pas du tout le même retour.
Les différents types de sites internet pour avocat
Avant de parler prix, il faut savoir ce que l’on achète. Cinq types de sites internet coexistent sur le marché, et ils ne s’adressent pas aux mêmes cabinets. Confondre ces solutions est la première cause de déception : beaucoup d’avocats paient le prix d’une vitrine en attendant le résultat d’un site d’acquisition.
Le site vitrine standard
Quatre à six pages sur un thème du commerce, textes fournis par le cabinet, aucun travail de référencement. C’est ce que vend la majorité des prestataires généralistes.
Utile si vous voulez simplement exister en ligne. À proscrire si vous attendez des dossiers : sans stratégie de contenu ni SEO, il restera invisible.
La page unique conçue pour convertir
Une seule page, un seul domaine de compétence, un parcours entièrement pensé pour déclencher l’appel. C’est la solution que je recommande le plus souvent, notamment lors d’une installation ou quand la trésorerie du cabinet est contrainte.
Elle se met en ligne vite, elle produit des résultats mesurables en quelques semaines, et ces premiers dossiers financent la suite du projet.
Le site complet avec cocon sémantique
Une page par domaine d’expertise, reliées entre elles, chacune ciblant ses propres mots clés. C’est la structure qui permet réellement d’aller chercher de la visibilité sur Google, matière par matière et ville par ville.
C’est aussi celle qui demande le plus de travail de rédaction — et de loin.
Le site avec blog juridique
Le site complet auquel s’ajoutent des articles de fond publiés régulièrement. Ce sont ces contenus qui captent les recherches en amont, quand le justiciable cherche à comprendre son problème avant même de chercher un avocat.
C’est la solution la plus rentable à moyen terme, et celle qui donne les résultats les plus spectaculaires. Sur Monsieur Hugo, legaltech en droit immobilier, le trafic est passé de 10 000 visites par an à 10 000 visites par mois en douze mois — environ 150 000 visiteurs annuels et 1 800 nouvelles demandes de contact chaque mois.
Le site avec modules métier
Prise de rendez-vous en ligne, espace client sécurisé, paiement d’acompte, module de pré-qualification des demandes, connexion à votre outil de gestion de cabinet.
Ces modules ont un vrai intérêt quand le volume le justifie. Un module de prise de rendez-vous fait gagner un temps considérable au secrétariat dès qu’on dépasse la vingtaine de demandes mensuelles.
Prix d’un site internet d’avocat en 2026 : les fourchettes réelles
Voici ce qui se pratique pour la création d’un site web d’avocat. Ces montants correspondent au marché français pour un prestataire professionnel, hors offres à bas coût et hors très grandes agences parisiennes.
| Type de site | Prix de création | Délai | Pour quel cabinet |
|---|---|---|---|
| Site vitrine ou page unique de conversion | 2 500 à 3 000 € | 2 à 3 semaines | Installation, matière unique, budget contraint |
| Site complet, une page par domaine | 3 500 à 5 000 € | 6 à 8 semaines | Cabinet établi, plusieurs expertises |
| Site complet + version multilingue | 5 000 à 6 000 € | 8 à 10 semaines | Clientèle internationale, droit des affaires |
Trois exemples concrets pour rendre ces chiffres tangibles.
Un avocat en droit du travail qui s’installe à Bordeaux. Page unique de conversion, rédaction des textes incluse, profil Google optimisé : environ 2 800 €. Premiers dossiers attendus sous six à huit semaines.
Un cabinet de trois associés en droit de la famille. Site complet de huit pages, une par domaine d’expertise, rédaction professionnelle et bases du référencement naturel posées : autour de 4 500 €.
Un cabinet en droit des affaires avec une clientèle étrangère. Site complet en français et en anglais, module de prise de rendez-vous : environ 6 000 €.
Vous remarquerez que ces montants sont nettement inférieurs à ce qu’annoncent la plupart des agences web. C’est volontaire, et j’explique pourquoi plus bas : le site n’est pas l’endroit où votre budget doit partir.
Un mot sur Paris. Les tarifs y sont structurellement 20 à 40 % plus élevés qu’en région, pour un travail équivalent. La contrepartie réelle est la connaissance du marché parisien, extrêmement concurrentiel sur certaines matières. La contrepartie fictive est le simple coût des bureaux de l’agence, que vous financez sans bénéfice. Faites la différence en demandant des résultats chiffrés.
Ce qui fait vraiment varier le prix
Cinq postes expliquent l’essentiel de l’écart entre un devis à 2 500 € et un devis à 6 000 €.
Le design : thème ou sur mesure
Un thème du commerce personnalisé coûte quelques centaines d’euros. Un design sur mesure, conçu pour votre positionnement, représente souvent un tiers du budget total.
Le sur mesure se justifie quand votre marché est concurrentiel et que la confiance visuelle fait la différence. Il ne se justifie pas si votre site n’a par ailleurs ni contenu ni référencement : un beau site invisible reste invisible.
Attention au piège inverse, que je rencontre régulièrement : un design spectaculaire, lourd en animations, qui dégrade les performances techniques. Google mesure le temps d’affichage et le seuil est public — en dessous de 2,5 secondes c’est bon, au-delà de 4 secondes c’est mauvais. La sobriété convertit mieux que l’effet.
La rédaction des textes
C’est le poste le plus sous-estimé et le plus déterminant. Rédiger les textes d’une page juridique qui convertit demande de comprendre la matière, le vocabulaire du justiciable et les mots clés visés.
Comptez 150 à 400 € par page pour une rédaction professionnelle. Beaucoup d’avocats choisissent d’écrire eux-mêmes pour économiser : dans les faits, le projet prend six mois de plus, parce que la rédaction passe systématiquement après les dossiers.
Les bases du référencement naturel
Le SEO se prépare pendant la création du site, pas après. Recherche de mots clés par matière et par ville, structure des pages, arborescence, maillage interne, balises, temps de chargement, données structurées.
Ces fondations doivent être comprises dans le prix de création — elles coûtent trois fois plus cher à rattraper une fois le site en ligne. C’est pourquoi je déconseille de confier le développement à une agence web et le référencement à une autre. Le travail de visibilité proprement dit, lui, relève d’un budget distinct que je détaille plus bas.
Les fonctionnalités et modules
Un formulaire de contact simple est inclus partout. Une prise de rendez-vous connectée à votre agenda, un espace client, un paiement en ligne ou une connexion à votre logiciel de gestion représentent chacun quelques centaines d’euros de développement supplémentaire.
Ne les achetez pas par anticipation. Ajoutez-les quand le volume les rend nécessaires — et gardez ce budget pour l’acquisition tant que ce n’est pas le cas.
Le nombre de pages et de domaines
Une page par domaine d’expertise est la règle. Un cabinet couvrant huit matières a besoin de huit pages travaillées, pas d’une page « Nos domaines d’intervention » qui les empile.
C’est mécanique : plus vous couvrez de matières, plus le projet coûte cher, et plus il rapporte.
Les coûts cachés que personne ne met dans le devis
Le prix de création n’est jamais le coût réel. Trois postes reviennent chaque année, et ils sont incompressibles.
| Poste | Coût annuel |
|---|---|
| Nom de domaine | 10 à 30 € |
| Hébergement professionnel | 100 à 400 € |
| Maintenance technique et mises à jour | 400 à 900 € |
Soit 500 à 1 300 € par an, tout compris. Ce n’est pas un poste sur lequel arbitrer.
La maintenance en particulier n’est pas une option. Un site WordPress non mis à jour devient une faille de sécurité, et un cabinet d’avocats piraté a un problème qui dépasse largement le marketing — vous traitez des données couvertes par le secret professionnel.
Un devis qui n’aborde aucun de ces trois postes est un devis incomplet. Demandez-les avant de signer, et vérifiez surtout à qui appartiennent le nom de domaine et l’hébergement.
Le poste qui compte vraiment : le budget d’acquisition
Voilà le point que je veux vraiment faire passer, et c’est celui sur lequel presque tous les cabinets se trompent d’arbitrage.
Un site internet est un point de conversion. Ce n’est pas une source de trafic. Il transforme en demandes de contact les visiteurs qui arrivent dessus — mais il ne les fait pas venir. Un site magnifique sans visiteurs produit exactement zéro dossier, et j’en reprends plusieurs par an : design irréprochable, budget conséquent, aucune visibilité.
Le trafic, lui, s’achète ou se travaille. C’est un budget distinct, récurrent, et c’est celui qui détermine réellement ce que votre cabinet va facturer.
| Levier d’acquisition | Budget annuel | Premiers effets | ROI observé chez mes clients |
|---|---|---|---|
| Google Ads (média + pilotage) | 3 000 à 12 000 € | Dès le 1er mois | Jusqu’à 2 000 % |
| Référencement naturel | 6 000 à 18 000 € | 3 à 6 mois | 400 à 800 % |
| Production de contenu juridique | 3 000 à 10 000 € | 6 à 12 mois | Cumulatif, jamais perdu |
| Dispositif complet | 15 000 à 30 000 € | Progressif | Changement d’échelle |
Les trois leviers ne jouent pas le même rôle. Google Ads achète de la visibilité immédiate : c’est le seul canal qui produit des appels dès les premiers jours, et c’est pour cette raison que je le déploie en premier chez la plupart des cabinets. Sur une campagne récente, 500 € de budget mensuel ont généré plus de 100 appels — soit environ 5 € l’appel entrant, pour un ROI de l’ordre de 2 000 %.
Le référencement naturel est plus lent mais il ne se loue pas, il s’acquiert. Une position gagnée continue de produire quand vous arrêtez de payer, ce qui n’est jamais le cas des Ads. C’est ce levier qui explique les résultats de Verbateam et de Monsieur Hugo.
La production de contenu alimente le référencement et capte les recherches en amont, quand le justiciable cherche encore à comprendre son problème.
L’arbitrage que je recommande
Prenons un cabinet qui dispose de 10 000 € pour son projet web la première année. Deux répartitions possibles :
Le mauvais arbitrage. 9 000 € dans un site sur mesure, spectaculaire, avec animations et modules. 1 000 € pour le reste. Résultat : un site dont personne ne parle et que personne ne visite. Zéro dossier supplémentaire.
Le bon arbitrage. 3 500 € dans un site complet, sobre, rapide, dont chaque page est conçue pour convertir. 6 500 € en acquisition — Google Ads dès le premier mois, référencement naturel en parallèle. Résultat : du trafic qualifié qui arrive sur une page qui transforme.
Les 5 500 € d’écart entre les deux scénarios ne financent pas un meilleur design. Ils financent plus d’un an de campagnes Google Ads, c’est-à-dire plusieurs centaines d’appels entrants.
Autrement dit : mieux vaut un site moins éclatant et un vrai budget d’acquisition. Vos clients ne comparent pas votre site à celui d’une agence de communication — ils cherchent un avocat compétent, joignable, qui a compris leur problème. La sobriété suffit largement. L’invisibilité, non.
C’est aussi pourquoi mes tarifs de création sont bas : je préfère qu’un cabinet garde son budget pour la partie qui produit des dossiers.
Le vrai calcul : combien votre site peut-il vous rapporter ?
C’est le cœur du sujet, et c’est la partie que les agences ne font jamais avec vous.
Pour situer les ordres de grandeur, un repère officiel : selon l’Observatoire du CNB, le revenu net médian d’un avocat en France s’établit à 47 953 € par an, pour un revenu net moyen de 83 225 €. La médiane est le chiffre qui compte, la moyenne étant tirée vers le haut par les grandes structures.
Prenons maintenant un modèle volontairement prudent, hypothèses affichées.
Les hypothèses
- Site complet : 4 000 € de création, une fois
- Budget d’acquisition : 8 000 € la première année (Ads + référencement)
- Trafic atteint après douze mois : 500 visiteurs par mois
- Taux de conversion visiteur → demande de contact : 5 % (j’observe plutôt 13 % sur les pages conçues pour convertir, mais restons bas)
- Taux de transformation demande → dossier signé : 20 %
- Honoraires moyens par dossier : 2 500 €
Le résultat
500 visiteurs × 5 % = 25 demandes par mois. 25 × 20 % = 5 dossiers signés par mois. 5 × 2 500 € = 12 500 € d’honoraires mensuels, soit 150 000 € sur une année pleine.
Pour un investissement total de 12 000 € la première année, dont les deux tiers en acquisition. L’ensemble est amorti au bout d’un mois d’exploitation. Sur trois ans, le dispositif aura généré plusieurs centaines de milliers d’euros d’honoraires — et la part récurrente à financer se limite au budget d’acquisition, le site étant déjà payé.
Ce n’est pas une projection commerciale : c’est un calcul que vous pouvez refaire avec vos propres chiffres. Remplacez l’honoraire moyen par le vôtre, le taux de transformation par celui que vous constatez en rendez-vous. Même en divisant tous les résultats par deux, la conclusion tient.
Et ces hypothèses restent en dessous de ce que produisent mes clients. Le tableau ci-dessous reprend des résultats réels, publiés en études de cas :
| Cabinet | Résultat mesuré |
|---|---|
| Verbateam Avocats — droit immobilier | +1 200 contacts par mois, 120 000 visiteurs annuels |
| Monsieur Hugo — legaltech immobilier | +1 800 contacts par mois, 150 000 visiteurs annuels |
| Me Valérie Samdja — divorce, Paris | +80 contacts par mois |
| Me Sarah Thomas — Ergo Avocats | 2 ans de chiffre d’affaires réalisés en 8 mois, +70 contacts par mois, ROI de 400 % |
| Me Adrien Testut — Prudomia | ROI de 800 % sur l’investissement marketing |
Regardez la ligne d’Ergo Avocats : deux années de chiffre d’affaires réalisées en huit mois. Ce n’est pas une progression, c’est un changement d’échelle — et il tient au fait que le cabinet est passé d’une vitrine à un site conçu pour l’acquisition. La question du prix de départ ne se pose plus dans les mêmes termes.
C’est aussi ce qui explique pourquoi je refuse de vendre des sites web sans stratégie d’acquisition : ce sont ces chiffres qui installent la confiance d’un cabinet dans son marketing, et aucune vitrine ne les produira jamais, quel que soit son prix.
Déontologie : ce que votre site a le droit de dire
La communication digitale des avocats est encadrée, et la déontologie a des conséquences directes sur ce qu’une agence peut légitimement vous vendre — c’est ce qui distingue la création d’un site internet d’avocat de n’importe quel autre projet web.
Depuis 2014, la publicité et la sollicitation personnalisée sont autorisées, mais strictement encadrées par le Règlement Intérieur National. Les principes à retenir pour votre site :
Ce qui est autorisé. Présenter vos domaines d’expertise, vos diplômes et parcours, vos honoraires et modalités de facturation, publier des articles juridiques, disposer d’un formulaire de contact et d’une prise de rendez-vous en ligne, faire de la publicité en ligne y compris payante.
Ce qui ne l’est pas. Toute mention comparative ou dénigrante à l’égard de confrères, les témoignages de clients identifiables sur des affaires en cours, toute atteinte au secret professionnel, les mentions trompeuses sur vos compétences — le titre de spécialiste est réservé aux avocats titulaires du certificat correspondant.
Le point qui pose le plus de difficultés en pratique : les avis en ligne. Les avis Google sont devenus déterminants pour la visibilité locale d’un cabinet, mais leur collecte doit respecter le secret professionnel. Un avis ne peut révéler ni l’identité d’un client dans une affaire sensible, ni le contenu du dossier.
Vous restez responsable du contenu publié sous votre nom, même rédigé par un prestataire. Une agence qui ne connaît pas le RIN vous exposera sans le savoir — c’est le premier critère de sélection.
Comment choisir son prestataire
Quelques critères issus des sites que je reprends après d’autres agences.
Une agence qui connaît la profession. Le vocabulaire des justiciables, les matières juridiques et leur concurrence respective, les règles déontologiques. Une agence généraliste habituée aux commerçants vous livrera un beau site qui ne convertit pas.
Une agence qui fait aussi le référencement. Si votre interlocuteur ne sait pas vous dire sur quels mots clés il vous positionnera et à quelle échéance, il vend du développement web, pas de l’acquisition de clients.
Des résultats vérifiables. Demandez des chiffres, pas des captures de maquettes : combien de demandes par mois, quelle progression de visibilité, sur quels cabinets. Une agence qui ne mesure pas ce qu’elle produit ne pourra pas l’améliorer.
La propriété de vos accès. Nom de domaine, hébergement, identifiants d’administration : tout doit être à votre nom. C’est votre actif. Ce point paraît évident et pose problème une fois sur trois.
Un devis détaillé poste par poste. Design, rédaction des textes, développement technique, référencement, formation, maintenance. Un forfait global sans détail masque presque toujours l’absence de contenu et de SEO.
La réactivité, testée avant de signer. Combien de temps met votre interlocuteur à répondre pendant la phase commerciale ? C’est le meilleur indicateur de ce qui vous attend ensuite.
Le processus de création, étape par étape
Un projet bien conduit suit toujours la même séquence. Voici à quoi vous attendre, et combien de temps y consacrer.
1. Cadrage stratégique — 1 semaine. Définition de votre cible de clientèle, de votre positionnement et de vos domaines prioritaires. C’est ici que se décide la rentabilité du projet.
2. Recherche de mots clés — 1 semaine. Identification des recherches réelles de vos futurs clients, par matière et par zone géographique. Elle détermine l’arborescence.
3. Arborescence et maquettes — 1 à 2 semaines. Structure des pages, parcours de conversion, design. Une seule validation de votre part, mais une validation ferme.
4. Rédaction des textes — 2 à 5 semaines. Le poste le plus long, presque toujours. Prévoyez du temps de relecture : vous êtes le seul garant de l’exactitude juridique.
5. Développement et intégration — 2 à 3 semaines. Mise en place technique, optimisations de performance, préparation du référencement.
6. Recette et mise en ligne — 1 semaine. Vérifications, redirections des anciennes adresses si vous aviez déjà un site, installation des outils de mesure.
7. Suivi et ajustements — les 90 premiers jours. On observe le comportement réel des visiteurs et on corrige. Cette phase est celle que les agences oublient, et c’est celle qui fait la différence entre un site correct et un site rentable.
Au total, comptez six à dix semaines pour un site complet, deux à trois pour une page unique. Les premiers effets sur le référencement naturel se mesurent sur trois à six mois.
Questions fréquentes
Quel est le budget moyen pour un site internet professionnel d’avocat en 2026 ?
Comptez 2 500 à 3 000 € pour une page unique de conversion ou un site vitrine, 3 500 à 5 000 € pour un site complet avec une page par domaine d’expertise, et 5 000 à 6 000 € si vous ajoutez une version multilingue. À cela s’ajoutent 500 à 1 300 € de frais annuels : nom de domaine, hébergement et maintenance.
Mais le budget de création n’est pas le sujet principal. Prévoyez surtout 3 000 à 30 000 € par an d’acquisition — Google Ads, référencement naturel, contenu. C’est ce poste qui détermine si votre site produit des dossiers ou reste une plaquette en ligne.
Quelles fonctionnalités sont indispensables pour un site d’avocat ?
Quatre seulement : un numéro de téléphone cliquable et visible en permanence, un formulaire de contact court, une page par domaine d’expertise, et un site rapide et lisible sur mobile. Tout le reste — prise de rendez-vous, espace client, paiement en ligne, chat — s’ajoute quand le volume le justifie. Un module acheté par anticipation est un module que personne n’utilise.
Comment respecter la déontologie dans la création et le contenu du site ?
En retenant trois règles : aucune mention comparative ou dénigrante envers vos confrères, aucune atteinte au secret professionnel dans les contenus comme dans les avis clients, et aucune mention trompeuse sur vos compétences — le terme « spécialiste » suppose le certificat de spécialisation. Le RIN autorise largement la communication en ligne depuis 2014, y compris la publicité payante. En cas de doute sur une formulation, votre Ordre répond, et c’est gratuit.
Quels sont les coûts cachés d’un site d’avocat ?
Trois seulement, et ils sont modestes : le nom de domaine (10 à 30 € par an), l’hébergement professionnel (100 à 400 €) et la maintenance technique avec les mises à jour de sécurité (400 à 900 €). Soit 500 à 1 300 € par an au total.
Le vrai poste que les devis passent sous silence n’est pas un coût caché, c’est un choix stratégique : le budget d’acquisition. Sans lui, votre site restera au niveau de visibilité atteint le jour de sa mise en ligne. Demandez systématiquement à votre prestataire ce qu’il prévoit sur ce point — s’il n’a pas de réponse, il vend du développement web, pas des clients.
Ce qu’il faut retenir
Un site d’avocat coûte entre 2 500 et 6 000 € selon son ambition, plus 500 à 1 300 € par an de frais récurrents. C’est moins cher que ce que la plupart des agences annoncent, et c’est délibéré.
Parce que l’essentiel du budget doit aller ailleurs : 3 000 à 30 000 € par an d’acquisition. C’est ce poste, et lui seul, qui détermine si votre site produit des dossiers. Un site sobre à 3 500 € avec un vrai budget de visibilité bat systématiquement un site sur mesure à 15 000 € que personne ne visite.
Sur la base d’hypothèses prudentes, un dispositif complet à 12 000 € la première année rapporte 150 000 € d’honoraires. Mes clients dépassent régulièrement ces chiffres.
Le mauvais calcul consiste à comparer un devis à sa trésorerie. Le bon consiste à le comparer aux dossiers que vous ne signez pas — c’est-à-dire à ce que vos confrères mieux visibles vous prennent chaque mois.
Si vous voulez chiffrer précisément ce que votre cabinet peut attendre d’un site, je propose un audit gratuit de trente minutes. Nous regardons votre marché, votre concurrence et votre potentiel réel, et vous repartez avec des chiffres — que vous travailliez avec moi ou non.
Sources
- Conseil National des Barreaux / Odoxa, Baromètre de l’accès au droit 2025, enquête menée auprès de 3 408 Français.
- Observatoire du Conseil National des Barreaux, Chiffres clés de la profession d’avocat 2025 : revenu net moyen 83 225 €, revenu net médian 47 953 €.
- Règlement Intérieur National de la profession d’avocat, articles relatifs à la publicité et à la sollicitation personnalisée.
- Google, documentation officielle sur les Core Web Vitals — seuil LCP recommandé : 2,5 secondes.
- Données propriétaires issues des projets réalisés par l’auteur (2023-2026).